L’étiquette du vin

C’est en visitant un autre blog que j’ai eu envie d’évoquer l’histoire des étiquettes.  Tout naturellement, comme tout internaute qui se respecte, je me tourne vers wikipedia pour commencer à en savoir plus.

J’y apprends que dans l’Égypte antique, les amphores portaient des inscriptions gravées directement ou sur une plaque attachée : une telle inscription « vin noir du Mont Liban » avec la mention d’une date et le nom d’une personne a été trouvée dans le tombeau d’un pharaon égyptien ayant régné 3500 ans avant J.C.. Le fait est mentionné dans un article de David Cobbold et Sébastien Durand-Viel publié sur le blog « hachette vin ».

On retrouve des indications similaires à celles de nos étiquettes (origine, âge des crus ou le nom du propriétaire) apposées sur les amphores et tonneaux de l’antiquité mais rien ne semble confirmer que la pratique ait été systématique. Néanmoins, les vins sont commercialisés jusqu’au XVIIe siècle en tonneaux estampillés au fer chaud, permettant ainsi d’identifier l’origine du fabricant ou du négociant. Aujourd’hui encore les tonneliers marquent un des deux fonds du tonneau au fer rouge à leur nom, parfois avec un label (exemple « Qualité CTBA Certifié »).

C’est finalement le développement de la bouteille de vin, au XVIIIe siècle qui va rendre indispensable d’apposer une étiquette. Les premières seraient de simples papiers écrits mais on continue de recourir aux autres moyens d’inscrire une mention sur les bouteilles. Des estampilles, tel les cachets de cire qu’on trouve encore sur certains crus, sont utilisées. De petites plaques de métal, comme on en utilise pour identifier le contenu d’une carafe, sont également en usage. Quoi qu’il en soit, c’est l’invention de la lithographie par l’allemand Aloys Senefelder, en 1796, qui rend possible une impression d’étiquettes plus complexe avec des graphismes et des couleurs. Les prix deviennent raisonnables, car réalisées en série et les premières étiquettes apparaissent en Allemagne. En France c’est la Champagne qui innove la première et je me demande, pour ma part, si l’implication de Florens-Louis Heidsieck dans la région n’y serait pas étrangère. Quoi qu’il en soit, la pratique s’étend bientôt à toutes les appellations au cours du XIXe siècle.

Aujourd’hui les mentions portées sur nos étiquettes deviennent plus complexes. On ne se contente plus d’indiquer seulement l’année, le lieu et le producteur ; on y appose désormais toutes sortes de mentions utiles et obligatoires : la dénomination (vin de table, vin de pays suivi du nom de ce pays, ou appellation d’origine contrôlée suivi du nom de l’aire d’appellation), le degré d’alcool, le volume, le nom et l’adresse de l’embouteilleur, accompagnés de sa qualité, la mention « produit de France » ou une mention analogue pour l’export et le numéro de lot dont relève la bouteille.

Ne vous y trompez cependant pas, les étiquettes modernes continuent d’identifier vos crus préférés, rivalisant d’ingéniosité. Sobres, design ou colorées elles tentent de s’adapter aux goûts des consommateurs et véhiculent l’image des producteurs et négociants.

Nous vous étonnez pas de voir porter, sur l’étiquette d’un champagne rosé, la mention « brut ». Les rosés sont des « Brut », de caractère. Enfin, si vous souhaitez en savoir plus, voici quelques pistes :

Dossier de presse Exposition : Le vin. Génie des hommes. Les origines de la viticulture en Bourgogne , Musée archéologique de Dijon, décembre 2005

http://www.vignobletiquette.com/collec/docetic.htm

http://www.pierrevin.com/fr/pag1-Forum.html

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