Champagne entre Mythes et Réalités

La première réalité du champagne est que la région doit beaucoup aux romains et, plus précisément, aux légions romaines. En effet, la champagne a marqué avec d’autres régions, comme l’Alsace et plus tard la Moselle, la frontière de l’Empire. Les légions y stationnaient et comme partout où ces dernières s’installaient, et quand le climat le permettait, elles développèrent la culture de la vigne. Il faut ajouter qu’en Champagne, la présence des coteaux et le sous-sol crayeux ont généré une typicité toute particulière propre aux vins de la région. Par la suite, on ne peut douter que la position particulière de Reims, ville des sacres, ait favorisé les vins de Champagne. Mais l’histoire ne fait encore que commencer.

Il manque encore la bulle qui assurera le succès du champagne. Un article du Comité Champagne évoque l’existence d’une effervescence qui remonterai au moyen-âge mais ce même article précise que celle-ci était légère et éphémère, provenant  d’une fermentation incomplète des moûts ; rien à voir avec la prise de mousse actuelle donc. En fait, la maîtrise de l’effervescence du champagne se serait faite aux alentours du XVIIe siècle ; la légende prétend qu’elle serait le fait d’un moine : Dom Pérignon, cellérier et procureur de l’abbaye d’Hautvillier. C’est possible mais rien n’atteste véritablement ce fait puisque le lien de Dom Pérignon avec la prise de mousse n’est attesté que plus d’un siècle après sa mort, par un courrier écrit par le dernier procureur de cette même abbaye d’Hautvillier. Quoi qu’il en soit une certitude existe et c’est celle d’une prise de mousse accidentelle, exploitée et maitrisée par les champenois. Maitrise qui s’est amélioré au fil du temps.

Quant aux moines, Dom Pérignon mais aussi Frère Oudart (comme le Champagne DS, il vivait à Pierry), Dom Ruinart ou encore Dom Mabillon, ils jouent un rôle essentiel dans l’histoire du champagne. Ils le font en maitrisant très probablement la prise de mousse mais aussi en codifiant deux autres points essentiels à la composition de ce nectar : l’assemblage et la sélection des cépages. Ainsi, par leur travail, ils permettent au champagne de s’imposer progressivement sur les tables royales. Aujourd’hui, les maisons de champagne citeront généralement trois cépages, le Pinot Noir, le Pinot Meunier et le Chardonnay, oubliant bien souvent que le terroir champenois recèle encore sept cépages. En effet, l’arbane, le petit meslier, le pinot blanc et le pinot gris restent autorisés bien qu’ils représentent moins de 0,3% du vignoble. Historiquement, il y en avait plus et on comptait également, par exemple, le Gamay. Mais ceci est une autre histoire et j’y reviendrai dans un autre article.

En attendant, à partir de la fin du XVII° siècle, les vins de champagne obéissent déjà aux principes qui régissent leur vinification aujourd’hui et la bulle est déjà présente. Il ne manque plus qu’une petite révolution pour que la consommation des vins de champagne s’étende au delà des tables royales. Elle viendra bien vite avec le développement de flaconnages plus résistant et avec l’utilisation du bouchon de liège qui évitera bientôt les déperditions de gaz.

En attendant, bonnes dégustations de la part du Champagne DS

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Jardin de la maison bénédictine à Pierry By Animationspierry (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

articles de référence :

http://www.champagne.fr/fr/terroir-appellation/histoire-du-vignoble-champenois-et-appellation-champagne/les-origines-du-mythe

http://www.bienpublic.com/actualite/2011/08/28/dom-perignon-fondateur-du-mythe-du-champagne

http://www.maisons-champagne.com/encyclopedie/vignes_au_plaisir/moines_benedictins.htm

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